mercredi 8 octobre 2008

Surendettement des ménages et crédits de consommation

Les banques et autres organismes financiers ne sont pas à cours d'idées quand il s'agit de nous prêter de l'argent. Ils sont prêts à tout pour aider les pauvres "petits" consommateurs que nous sommes et pour qu'on ne se prive de rien.
Œuvre de charité ou cadeau empoisonné? Les consommateurs ne se doutent de rien jusqu'à ce que le loup montre des dents.

Crédit après crédit, les ménages se retrouvent dans une situation de surendettement de laquelle ils ne savent plus s'en sortir.
Le facteur déclenchant est en général un imprévu: accident de travail ou maladie qui empêche un des deux conjoints de reprendre le travail, un déménagement qui implique des frais supplémentaires (transport notamment), un travail à moindre salaire ou plus petits avantages.
Le ménage qui n'est alors pas encore alarmé, ne modifie en rien ses habitudes de consommation. Ses loisirs restent les même, ses exigences en confort aussi. Le budget quotidien n'est pas revu à la baisse, mais la famille n'a pas les même moyens qu'avant. Et pour pouvoir garder le même niveau de vie, ils ont recours aux crédits de consommation et autres prêts personnels. Le hic... il faut rembourser ce crédit, et comme c'est un crédit à court terme, les mensualités sont assez élevées et le taux aussi.

Un prêt qui peut aller jusqu'à 20000 euros et qu'il faut rembourser en 5 ans maximum. Conclusion: des mensualités qui varient en général entre 50 et 400 euros et un taux entre 8 et 11%.
Le ménage se retrouve donc avec des dépenses mensuelles supplémentaires, alors qu'il n'arrivait déjà pas à couvrir tous ses besoins, aussi superflus soient ils, parce que quand on s'habitue à un certain niveau de vie, on a du mal à lâcher prise.

Et puis il y a les achats facilités. On fait un petit tour dans un magasin, on a un coup de cœur mais malheur, on n'a pas les moyens de l'acheter en liquide. Alors notre regard se pose sur les milliers d'affiches et pancartes "achetez maintenant et payez sur X mois". On se dit qu'on pourrait alors s'offrir la petite merveille qui nous fait tant plaisir. Direction rayon crédit. On ne nous demande aucun justificatif, ni salaire, ni revenus, rien. On ne vérifie pas qu'on est capable de rembourser, mais on se retrouve comme même, à peine 10mn après, avec jusqu'à 4000 euros à dépenser.
Le taux est très élevé, encore une mensualité en plus à payer.

Et puis crédit appelant crédit (puisque tous nos revenus disparaissent désormais avec des remboursements qui s'accumulent), vous réalisez que le total des mensualités à payer pour rembourser les crédits dépasse vos revenus. Le compte en banque passe au rouge. Et comme il faut que la banque profite aussi de la situation, elle vous enfonce encore plus avec des frais et agios.

Les familles surendettées peuvent bien sur se tourner vers la banque de France (commission de surendettement) où dans le pire des cas leur dossier est refusé, parce que la commission estime que leur cas n'est pas perdu et qu'ils peuvent s'en sortir tous seuls. Le meilleur des cas est de voir ses dettes effacées (ouf!) et puis il y a la solution intermédiaire: les dettes sont réaménagées et étalées sur plusieurs de mois avec des mensualités beaucoup plus réduites.

Un traitement du problème à la racine (organismes financiers et crédits personnels à volonté) serait cependant la meilleure solution pour éradiquer ce phénomène qui ne cesse d'engloutir des milliers de ménages chaque année.

En 2006, 695 000 ménages étaient en situation de désendettement, un chiffre qui a augmenté de 2600 en une année.

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