lundi 2 mars 2009

Dementia

Chapter 1
Part 1

Ce matin j’ai encore trouvé des plumes sur mon lit. Je me suis réveillé en sueur, comme souvent ces dernières semaines. Je me traînai jusqu’au miroir pour y contempler mon dos endoloris. J’avais des entailles plus ou moins profondes un peu partout, mais c’était toujours là où naissaient mes ailes que les entailles se creusaient le plus.

Mon lit était recouvert de plumes et je ne pus m’empêcher de spéculer sur le nombre de jours qu’il me restait avant que mes ailes n’aient perdu toutes leurs plumes.

L’angoisse que j’aurais dû ressentir depuis que ça a commencé ne se décida pas à se manifester, et je redoutais déjà le jour et le lieu où elle allait m’exploser à la figure. Je savais que je devrais avoir peur de ce qui m’arrivait. Je n’arrivais cependant pas à ressentir le moindre frisson.

Je pris soin de me changer et de laver mon pyjama tâché de sang. Tôt ou tard ma mère allait remarquer la fréquence à laquelle je lavais ce vêtement et ce jour risquait d’arriver bien assez tôt. Elle jugerait alors la chose inquiétante et entamerait sa propre enquête avant de me demander ce qui se passe. Mais je ne voulais pas l’inquiéter, en tout cas pas avant que je n’aie découvert ce qui m’arrive vraiment.

Je ramassai les plumes que j’entassai avec les précédentes dans mon grand coffre à jouets. Je savais que ma mère ne risquait pas de s’y intéresser.

J’étais déjà en retard pour l’école. Je me permis néanmoins un brin de toilette avant de descendre prendre mon petit déjeuner. Le soleil filtrait à travers la fenêtre de l’escalier. La journée était bien trop belle pour que je fusse de mauvaise humeur.

Tout était déjà prêt sur la table de la cuisine et un petit mot de la part de ma mère trainait, comme tous les matins, à côté ma tasse.

Sur le chemin de l’école la rue était déserte. Dans le quartier il n'y avait que des vieux retraités, j’étais le seul lycéen du coin. La maison appartenait en effet à mon grand père, il nous hébergeait depuis que mon père a perdu son travail. Il parait que ses ailes prenaient trop de place.

J’arrivai au lycée juste à temps pour rejoindre mon premier cours. J’avais un cours de science, ma matière favorite. On regardait des images de l’anatomie humaine et je dus faire preuve de beaucoup d’imagination pour arriver à situer mes ailes parmi les organes d’un être humain normal.

Mes ailes frémirent de douleur. Je prenais soin chaque matin de les cacher sous mon gros pull en laine, mais il n’est pas assez épais pour camoufler leur mouvement. J’avais peur que mon voisin de derrière ne remarque quelque chose, alors je levai la main et prétextai une envie pressante avant de m’éclipser vers les waters.

Je me dissimulai dans une cabine, enlevai les lacets de mes baskets et entrepris d’attacher mes ailes étroitement à mon dos.

Jamais je n’avais traité mes ailes avec autant d’irrespect. Je ne pouvais m’empêcher de leur en vouloir, car même s’il fut inconcevable pour moi de considérer l’hypothèse que mes ailes m’abandonnaient, j’estimais néanmoins qu’elles devaient être un peu plus tenaces que ça.

La journée était déjà finie. Je m’empressai de quitter l’enceinte du lycée. C’était au moment où je traversais la cour, grand espace qui séparait le bâtiment de la grille, que je la vis pour la première fois. D’abord c’était l’une de mes plumes qui croisa mes pas. Elle flottait dans la cour à quelques centimètres du sol. Je me dirigeais pour la récupérer lorsqu’une fille se baissa pour la ramasser. Elle avait une peau éclatante de blancheur. Ses cheveux noirs flottèrent sur une légère brise, dansant la même note que ma plume, la même que mon cœur qui se mit à battre plus fort, comme pour se joindre à eux.

Je m’attardai sur ses yeux clairs, gris-verts il me semble. Ils étaient émerveillés et je dus suivre son regard pour découvrir que c’était ma plume qu’elle admirait. Je réalisaisalors que l’éclat et la douceur que je trouvais à mes plumes n’étaient pas simple flatterie de ma part parce qu’elles étaient miennes. C’était vraiment le cas aux yeux de tout le monde.

Je vis la plume remonter doucement guidée par une main curieuse. La fille se mit alors à se caresser le visage avec, comme pour tester l’effet que ça ferait sur sa peau. Mais il me semblait que celle ci était bien plus douce. Je suivais les mouvements de la plume, et mes lèvres frémirent lorsque la plume frôla les siennes.

Mon cœur endurait beaucoup plus qu’il ne pouvait supporter. Ma réaction fut violente mais il m’était difficile de me contrôler. Je lui arrachai la plume des mains avant de prendre la fuite, et il me sembla que, contrairement à ce que je m’attendais, elle sourit, nullement surprise.

Lorsque je m’arrêtai enfin de courir, le malaise se dissipa et mon rythme cardiaque se stabilisa. Seul mon souffle coupé me rappelait l’incident. J’avais encore fui alors que tout ce que je souhaitais était de rester, je ne pouvais cependant pas supporter mes réactions qui échappaient à mon contrôle.

Il pleuvait quand je rentrais. J’avais décidé de faire le chemin à pied et ce n’était finalement pas une mauvaise idée. La pluie qui dégoulinait sous mon pull soulageait mes ailes et mon dos.

A mon arrivée, seule ma chambre me parut l’endroit où j’avais envie de trainer. Je mis la plume avec les autres. Je ne pouvais me résoudre à les jeter.

Depuis ma naissance je n’ai perdu aucune plume. Mon père dit qu’elles sont éternelles. Elles prennent soin de nous et d’elles mêmes, nous réchauffent, nous caressent pour chasser nos peines. Nul besoin de leur procurer un soin particulier, ce qui ne faisait que confirmer ma certitude que ce qui m’arrivait n’était pas normal.

Si mes ailes m’abandonnent j’ai dû le mériter. Cependant, je n’arrivais pas à en connaître la cause. Une autre explication me semblait beaucoup plus alarmante, et c’est pour cette raison que je m’efforçais de ne pas y songer.

- Libère les donc ! Tu n’as pas chaud ?

Depuis que j’étais rentré, je n’avais pas encore ôté mon gros pull. Ma mère vint faire sa ronde, comme à l’accoutumée, histoire de s’assurer que tout va bien.

- Tout va bien ?

- Oui.

- Tu as besoin de quelque chose ?

- Non maman ça ira.

- Et ta journée d’école alors ?

- ça va maman, soupirai-je.

Elle s’en contenta et s’en alla. Qu’elle n’insiste pas m’allait parfaitement. Je ne suis pas très bavard ni très doué pour jouer la comédie. Je préférais éviter de faire semblant devant la seule personne qui, de toute façon, allait déceler la supercherie.

Ce soir là, n’étant pas d’humeur à faire quoi que ce soit, je m’endormis tôt, espérant ne trouver des plumes que sur mes ailes le lendemain.

J’avais tellement peur du sommeil, que je ne pus fermer l’œil que tard dans la nuit.

To be continued...

3 commentaires:

Anonyme a dit…

très chouette comme histoire. Un début très promettant à quand la suite ?

Anonyme a dit…

Toujours aussi douée ma Sakura :) J'ai adoré cette première partie et je suis vraiment curieuse de connaitre la suite. J'ai bien aimé la partie où il était devant la fille qui testait la douceur de la plume. haw el coup de foudre wella lawa7 :P
en plus j'écoutais la Bella's Lulluby en même temps que je lisais, alors je te raconte pas mon état ...

Je veux la suite tadswit :D

Samyouta ;)

Sakura a dit…

looool ça ne saurait tarder ;)
nchallah I keep going fi ktibetha el 9essa :D
sinon je vous laisse tous en plan