dimanche 31 janvier 2010

Dementia

Chapter 4

Part 2


La chaleur inondait mon visage et j’étais debout en équilibre sur une petite allée étroite qui séparait le flanc de la montagne du vide alentour. Un rapide coup d’œil en dessous m’indiqua que j’étais à plus de 200 mètres d’altitude et que j’avais très probablement dû voler pour arriver jusqu’ici, puisque la route s’arrêtait 70 mètres plus bas sur un vaste espace de pique nique. Les gens qui venaient y manger ne devaient pas être nombreux, d’ailleurs, seules deux ou trois familles étaient installées autour des tables en bois.

Même si je ne me rappelais pas être venu jusqu’ici, j’avais une profonde confiance en ce que je faisais. Je suivais l’allée latéralement, comme si je savais où j’allais, comme si je connaissais parfaitement cet endroit pourtant douteux et loin de tout.

Je parvins à un interstice si étroit que mes ailes ne seraient pas passées si j’y avais volé. C’était sûrement pour ça que je me donnais tant de peine à parcourir une bonne dizaine de mètres sur le pointe des pieds.

Je m’engouffrais dans le petit espace pour me retrouver dans une grotte sombre et humide. Une seconde plus tard une lumière jaillit, éclairant la grotte. Je ne fus pas étonné de voir que la lumière provenait d’une torche que je tenais à la main.

Je ne sus ce qui se passa par la suite, j’avais sûrement dû pénétrer plus profondément à l’intérieur de la grotte, car j’ouvris les yeux pour me retrouver sur une très large cavité au centre de laquelle s’étendait un grand lac sombre et inerte. L’air qui pénétrait dans la cavité était à peine suffisant pour que je puisse respirer, il n’avait alors aucun effet sur l’eau, qui ondulait à peine.

Des dizaines de torches semblèrent s’allumer d’un coup, tout au long de la paroi rocheuse, me permettant enfin de distinguer la clarté de l’eau, qui donnait envie de s’y baigner. Il ne me fallut pas plus que quelques secondes pour me déshabiller et plonger.

Les reflets chatoyants des rayons du soleil baignaient mon visage depuis déjà presque une heure, mais je ne parvenais pas à m’extraire de ce rêve. Je gardais encore sur mon corps la délicieuse sensation de l’eau froide dans laquelle j’avais plongé, même Arwen frissonnait à mes côtés.

Ce jour là je lui proposais de rentrer chez elle pour éviter que ses parents ne commencent à remarquer ses absences fréquentes. Mais en réalité, pour moi ce n’était qu’un prétexte pour avoir la journée pour moi tout seul, chose qui ne m’était pas arrivée depuis des semaines.

Je n’avais pas vu dans mon rêve comment atteindre la montagne, car il est vrai que je ne me rappelais que de la partie où j’y étais déjà, et il était presque ridicule que je me mette à sa recherche. Elle ne devait pas exister, après tout ce ne devait être que le fruit de mon imagination. Mais je me disais que si une telle aire de pique nique existait, les gens du coin devaient sûrement la connaitre, et je fus étonné de voir que ma mère, comme à chaque fois, savait tout.

Je n’eus pas de mal à trouver la montagne, ni à retracer le chemin que j’avais fait dans mon rêve pour parvenir jusqu’à la fente.

Les ailes retroussées je me faufilai à travers l’interstice. Je ne voyais aucune lumière à l’autre extrémité, ce qui, au final, était tout à fait normal vu qu’il n’y en avait pas. Les murs semblaient presque se coller par endroits, ce qui m’obligeait à marcher latéralement. Mon calvaire ne fut pas long car une odeur salée vint bientôt chatouiller mes narines. Le lac existait bel et bien.

Je parvins à l’extrémité et découvrit, non sans étonnement, que le tunnel ne menait nulle part. Un mur se dressait face à moi, mais une bonne dizaine de mètre nous séparait, espace dans lequel il n’y avait pas de sol où mettre pied, mais uniquement une cavité sombre qui s’enfonçait en profondeur. Je ne parvenais pas à distinguer ce qu’il y avait en bas, il faisait si sombre que même mes mains étaient presque invisibles. Il aurait été bête cependant de se décourager maintenant, après tous les efforts que j’avais déjà fournis.

Et puis cette cavité n’était pas vraiment un obstacle pour moi qui pouvait voler,.


L’endroit ressemblait à mon rêve, et je pressentais que j’y découvrirais quelque chose d’étonnant.

Le plafond était si bas que je ne pouvais déployer mes ailes et prendre mon envol avant de plonger dans la cavité. Je me jetais donc dans le vide la tête en avant, et me tint prêt à freiner au moment où le sol serait assez proche. J’utiliserais mes ailes comme un parachute le moment venu. Mais mon parachute se gonfla de lui même dès que je vis un ombre bouger au loin.

Il me fut difficile de juger de ce que c’était puisque je ne voyais pratiquement rien, mais mes yeux qui commençaient à s’habituer à la pénombre distinguaient quelque chose étinceler. La chose se dirigeait vers moi, elle remontait la cavité, et je sus qu’elle s’aperçut de ma présence lorsqu’elle s’arrêta un moment, hésitante, puis reprit sa course plus vite qu’avant. C’était un garçon qui semblait être un tantinet plus vieux que moi, et la chose étincelante n’était autre qu’un collier qui pendait à son cour. Le faite qu’il ait des ailes ne me sembla pas vraiment étonnant, mais sa présence ici, dans cette grotte m’intriguait énormément, et j’attendais qu’il soit assez proche de moi pour lui poser la question. Mais lorsque, à dix mètre de moi, il serra les poings et me fonça dessus, je sus qu’il ne souhaitait pas vraiment faire la conversation.

Je m’éloignai juste à temps pour éviter son coup et virevoltai aussitôt, la jambe bien tendue pour la lui balancer dans les côtes, mais il m’immobilisa en me tenant la jambe avec ses deux mains. Il tourna sur lui-même avant de me lâcher, me balançant ainsi dix mètres plus loin. Je lui refis face, prêt à encaisser un coup, mais il n’en fit rien. Au lieu de cela, nous restâmes ainsi, face à face.

To be continued...